
Taura, les raies manta impressionnent par leur majesté, leur curiosité et leur intelligence. En Polynésie, océanique ou « de récif », elles sont menacées d’extinction et classées « catégorie A – vulnérables et en danger » par le Code de l’Environnement.
Le premier facteur de la fragilité de la population de raies manta est humain: plus d’un tiers d’entre elles portent les séquelles de rencontres avec un bateau ou du matériel de pêche. Leur faible fécondité contribue à leur vulnérabilité. Pour suivre les évolutions et remédier à ces problèmes, le projet « Mantas de Polynésie » voit le jour il y a dix ans, à l’initiative de l’Observatoire des requins de Polynésie (ORP). L’objectif est de construire des bases de connaissances plus efficientes en matière de protection des manta.
Le projet fonctionne grâce au suivi participatif de l’Observatoire des Requins de Polynésie (ORP), qui permet la collecte de photos et vidéos pour affiner les connaissances. Localement, la collaboration se noue avec des associations, des clubs de plongée ou des volontaires. L’objectif est de renforcer leurs compétences afin qu’ils puissent assurer directement la collecte de données et le suivi dans leurs îles.
Depuis 2024, le projet est monté en puissance selon trois grands axes : renforcer les connaissances par le suivi acoustique et l’observation en intégrant des données génétiques, dresser un état des lieux des populations par site et utiliser ces données pour orienter les actions de préservation.
En parallèle, implication et formation des acteurs locaux sont essentielles. Récemment, à Raiatea, l’association Puutarape, qui fournit déjà des données pour la photo-identification, est intervenue afin d’informer et de rassurer les habitants sur l’innocuité des dispositifs de suivi acoustique qui vont être installés dans le lagon. Il s’agira d’enregistrer les mouvements depuis de sondes émettrices posées sur quelques raies afin de compléter les données existantes sur les populations des îles Sous-le-Vent.
Côté préservation, l’attractivité touristique croissante des raies manta exige l’adoption rapide de dispositions conciliant tourisme et bien-être des espèces. Une réglementation est actuellement en cours d’élaboration au sein de l’association, en lien avec la DIREN. Inspirée des règles d’observation des baleines, elle vise à élaborer un code de bonnes pratiques pour les raies manta pour concilier préservation, bien-être et activité touristique.