Paroles d’étudiant : Keiji, futur géomètre-expert polynésien

À 27 ans, Keiji Charlot aspire à devenir géomètre-expert. Il grandit entre Tahiti et la Nouvelle-Calédonie avant de poursuivre ses études dans l’Hexagone, où il intègre l’ESTP Paris (Grande école d’ingénieurs de la construction) et obtient son diplôme d’ingénieur en topographie. Après quatre ans à travailler dans les Alpes-Maritimes dans le cadre de sa formation pratique obligatoire pour devenir géomètre-expert, Keiji pourra bientôt prêter serment et exercer cette profession hautement réglementée.

Qu’est-ce qu’un géomètre-expert ?

En métropole, un géomètre-expert est un professionnel libéral régi par l’Ordre des géomètres-experts de France. Cette profession réglementée détient le monopole légal pour délimiter et fixer les limites de propriété foncière. Les géomètres-experts sont également les seuls habilités à établir l’ensemble des documents officiels liés au foncier, tels que les plans de division, les plans de partage successoral, les plans de servitudes ou encore les plans de mise en copropriété.

 

Tu t’apprêtes à exercer ce métier en France hexagonale. Projettes-tu de revenir travailler en Polynésie un jour ?

Je viens tout juste d’être promu responsable d’agence à Saint-Paul-de-Vence. Pour l’instant, mon objectif principal est de me faire un nom en tant que géomètre-expert et de continuer à évoluer au plus haut niveau au sein de mon entreprise actuelle. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et à prouver, tant sur le plan professionnel que personnel. C’est précisément pour cette raison que je ne souhaite pas rentrer tout de suite au fenua. J’ai cette conviction que si l’on parvient à réussir loin de chez soi, dans un environnement exigeant et concurrentiel, alors on sera d’autant plus à même de réussir chez soi par la suite. Je veux acquérir (…) cette expertise solide avant d’envisager un potentiel retour.

 

Penses-tu que plus de jeunes Polynésiens devraient se tourner vers ce métier ?

(…) Si cette profession se fait connaître davantage auprès des jeunes, c’est toute une prise de conscience collective qui peut s’opérer. Une meilleure compréhension des enjeux du foncier, notamment des problèmes d’indivision, permettrait d’éduquer les nouvelles générations sur ces questions essentielles pour l’avenir du territoire.

Je suis convaincu que seules les nouvelles générations, formées et sensibilisées à ces problématiques, peuvent avoir un réel impact pour débloquer les situations d’indivision qui freinent le développement du fenua. C’est un défi de taille, mais c’est aussi une belle opportunité pour les jeunes qui voudraient s’engager dans un métier utile et concret pour leur pays.

 

Quels seraient tes conseils pour les jeunes qui souhaitent poursuivre dans cette voie ou étudier à l’étranger ?

(…) S’il est possible pour les jeunes de partir étudier à l’étranger, alors faites-le sans hésiter. C’est en sortant de sa zone de confort qu’on grandit et qu’on devient quelqu’un de meilleur, tant sur le plan professionnel que personnel.

Pour ceux qui s’intéressent au métier de géomètre, la France représente un passage quasi obligatoire si l’on veut devenir un professionnel aguerri. La France a traversé ces problématiques foncières et d’aménagement du territoire à différents moments de son histoire et elle a développé une expertise solide. (…) En tant que Polynésien, je pense que cette expérience française peut servir d’exemple pour nous aider à anticiper les défis qui attendent notre territoire et à adapter les solutions aux caractéristiques particulières de notre fenua. Partir se former, c’est aussi revenir avec des outils et une vision pour mieux servir son pays.

 

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