Mangez varié, et nos ressources marines seront préservées !

Un bon poisson cru de thon, une langouste gratinée au beurre persillé, ou encore du pahua au curry : autant de plats typiques de la gastronomie locale, et grandement appréciés des consommateurs. Toutefois, varier les plaisirs, c’est aussi préserver les ressources marines du fenua. En diversifiant son alimentation, on permet aux espèces de se régénérer pour que les générations futures profitent, elles aussi, de ces trésors de la mer.

 

Des traditions qui inspirent la durabilité

 

Le rāhui est défini en Polynésie française comme « un espace terrestre et/ou marin sur lequel des règles non-écrites dictées par un impératif de gestion des ressources sont appliquées de manière traditionnelle ». La Direction des Ressources Marines (DRM) reconnaît le rāhui comme un outil de gestion communautaire des ressources marines, en complément des autres dispositifs (zones de pêche réglementées, aires marines protégées, etc.). Cette pratique ancestrale, respectée car relevant du sacré, témoignait d’une connaissance intime de la nature par nos ancêtres et permettait une gestion responsable des ressources. Aujourd’hui encore, certaines espèces sont protégées par des règles précises. Par exemple, la pêche du varo (squille) n’est autorisée que de février à octobre, et sa taille minimale de capture est fixée à 18 cm. Ces périodes de repos biologique permettent aux espèces le temps de se reproduire, maintenant ainsi l’équilibre entre l’humain et la nature. À leur échelle, les consommateurs peuvent aussi agir en refusant d’acheter des produits de la mer pêchés illégalement. Pour les encourager à cuisiner varié et responsable, la DRM propose sur son site web des recettes à base de produits de la mer de saison.

 

Oser découvrir de nouvelles saveurs

 

La curiosité culinaire est un atout pour favoriser la régénération des espèces surpêchées. Des espèces méconnues apportent une touche d’originalité à vos repas : le croquant et le goût poivré du rimu opupu (caviar vert) relèveront à merveille un poisson cru, tandis que la chair délicate du barramundi (loup tropical), produit localement en aquaponie, séduit les palais les plus fins. Les « épicurieux » peuvent aussi se tourner vers les poissons et fruits de mer issus d’élevages locaux  comme les crevettes bleues de la Presqu’île ou le paraha peue élevé en bassin en mer.

Ces alternatives réduisent la pression sur les stocks sauvages, d’autant plus que les fermes aquacoles de Polynésie française sont reconnues pour leur démarche éco-responsable, sans recours à des produits chimiques ni médicamenteux. Pour fournir un effort supplémentaire, on peut aussi privilégier les poissons pêchés à la ligne ou par les thoniers, des méthodes de pêche plus respectueuses des fonds marins que la pêche au chalut.

 

Rien ne se perd, tout se cuisine

 

Préserver nos ressources marines passe aussi par la valorisation de ce que l’on considère souvent comme des déchets : les arêtes, la tête et les carcasses de poisson. Ces restes permettent de préparer un savoureux bouillon de poisson fait maison agrémenté de légumes et d’herbes aromatiques. Par ailleurs, ces restes organiques ne sont pas uniquement délicieux mais peuvent aussi enrichir le sol : il suffit de piler les arêtes et de les disperser dans le potager. Le lien entre la mer et le fa’apu se retrouve jusque dans nos assiettes : le haura, dont la chair peut s’assécher à la cuisson, s’accorde parfaitement avec une crème de fafa, tandis que le pāere (thazard) se marie à merveille à une sauce légèrement acidulée à la tomate et à l’ananas de Moorea.

 

Achetez local, mangez frais

 

Si vous n’avez pas la chance de pêcher vos poissons vous-mêmes, il est toujours préférable de soutenir les filières de pêche et d’aquaculture locales : achetez votre poisson dans les marchés municipaux ou dans la poissonnerie de votre supermarché habituel. Les circuits courts offrent la meilleure fraîcheur tout en limitant l’empreinte carbone : ici, les poissons n’ont que quelques kilomètres à parcourir avant d’arriver dans votre assiette !
En Polynésie, manger varié, c’est prendre soin de sa santé tout en protégeant la mer. De petits gestes dans nos assiettes font de grandes différences dans nos lagons. Soyons acteurs de la préservation de cette richesse commune !

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