Hereiti : porter la culture polynésienne dans le tourisme de demain

Originaire de Tahiti, Hereiti Peron-Haumani a choisi de lier son parcours académique à la valorisation du patrimoine polynésien. Étudiante en master en tourisme à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, son mémoire porte sur la perception des visiteurs de la Polynésie et la valorisation de la culture dans le tourisme. Avec un objectif clair : revenir au fenua pour contribuer à un tourisme authentique, durable et enraciné dans la culture. 

(ET) Selon toi, quelles sont les principales forces et faiblesses de la Polynésie en matière de tourisme culturel et patrimonial ?

(HPH) “[…] La culture est vivante et très présente sur chaque île de la Polynésie, avec des spécificités et identités distinctes selon l’île ou l’archipel. Nous avons cette chance d’avoir un héritage culturel très divers et riche. Toutefois, il y a un manque de professionnalisation au niveau du tourisme culturel – ce que l’on peut considérer comme une faiblesse autant qu’une opportunité d’avenir. Par exemple, il n’y a aujourd’hui pas assez de guides culturels certifiés pour assurer des tours culturels. De même, il y a encore tout un travail à faire pour mettre en avant chaque identité culturelle des îles des cinq archipels.”

Penses-tu que la culture polynésienne est suffisamment valorisée dans le secteur touristique ?

“En tout cas, elle n’est pas dévalorisée ! Maintenant, il y a certains aspects de la culture qui sont plus mis en avant que d’autres dans le secteur touristique. Cela s’explique tout simplement par l’adaptation des acteurs à la sensibilité des visiteurs. Par exemple, les pratiques culturelles sportives sont bien valorisées dans le secteur touristique car, je pense, c’est un domaine visuel et accessible à un large public. De même pour le tatouage ou l’artisanat. En revanche, selon moi, les langues, les légendes, les techniques de musique ou oratoires sont moins mises en avant.”

Quels sont tes projets après ton master ? Souhaites-tu rentrer en Polynésie pour contribuer localement ou d’abord acquérir de l’expérience ailleurs ?

 

“Une fois mon master en poche, j’aimerais revenir à Tahiti pour contribuer localement au développement touristique et culturel de Tahiti et ses îles. Maintenant, je ne me ferme pas de portes et aviserai selon les opportunités qui viendront. […] Nous devons être fiers de nos racines, de notre identité et de nos connaissances qui sont étudiées à l’extérieur de nos îles. Nous avons beaucoup de potentiel pour faire rayonner notre destination et je suis impatiente de voir où l’avenir nous mènera.”

Texte : E. Teinaore / Photos : H. Peron-Haumani

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